jeudi 12 avril 2012

Récit d'un trail laborieux ...

Il est 6h du matin ce dimanche, me voilà au départ de ce trail de 73 km sous une petite bruine mais rien de comparable à la pluie de la nuit. Je m'attends donc a un trail boueux comme confirmé par le brieffing d'avant départ.
Sur la ligne de départ où je me trouve, à ma droite il y a Iker Karrera et Oscar Perez et à ma gauche il n'y a d'autre que J. Chorier.
L'envie d'en découdre est là et j'ai des fourmis dans les jambes.

Juste avant le départ !

Le départ est donné, je me mets dans le sillage des favoris, nous avoisinons une moyenne de 14km/h sur les 3 premiers kms. Nous sommes une dizaine et dès que la pente s'est accentuée, je les laisse filer et je prends mon allure car la route va être longue.
Je retrouve J. Blanchet du Team Trail la Burthe et nous faisons route ensemble avec un troisième compère et l'allure est toujours soutenue. Les premières lueurs du jour apparaissent et nous nous approchons du premier ravito au km 18 où nous pointons à la 8,9 et 10ème place en 1h38'. Nous nous ravitaillons et nous repartons tous les trois.
Et crac au bout de deux heures de courses et peu après 20 kms, je suis obligé malgré moi de laisser partir mes deux compères dans une forêt de sapins où le sentier est rendu très gras à cause des pluies des jours passés et des ornières de tracteurs. Je ne suis pas bien, j'ai des envie de vomir, j'ai des crampes d'estomac et je suis dans l'impossibilité de m'alimenter.
Je vais de moins en moins bien, je me fais doubler par plusieurs concurrents mais j'arrive tout de même au ravito de Fougax km 34 et 3h23 de course. Là, je bois du coca et j'essaie de manger un peu mais je failli vomir.
Je repars, pas mieux ???
J'attaque la longue montée vers le château de Montségur. Il reste près de 40 kms et les plus grosses difficultés ne sont pas passées, je me dis que la messe va être longue...
Et elle a été longue, même très très longue et pour couronner le tout, je casse mes nouveaux bâtons de m***e.
A ce moment là, l'idée de ne pas atteindre l'objectif du Top 10 et de faire moins de 8h me hante et est très difficile à digérer surtout que musculairement je suis pas trop mal. Je ressasse, le mental n'ai plus là et les sensations sont de pire en pire. Je suis vide de tout, je ne prends plus de plaisirs, j'avance machinalement et par habitude. Je suis à la limite du malaise et certains spectateurs me demande même si je vais bien.
Je suis obligé d'envisager l'abandon et de ne pas voir ma famille qui devait m'attendre au km 61.
J'arrive tant bien que mal au pied du mur de Montségur avant l'aller/retour du château où ma décision d'abandonner était prise...ou presque.
C'était sans compter sur deux bénévoles qui m'encouragèrent à monter au château pour me payer au moins la vue. Pour moi, ce n'était que reculer l'échéance.
Je me lance donc dans ce mur, il y a tellement de monde que la montée se fait sur un petit rythme ce qui me va très bien. Je croise les concurrents qui m'ont doublés précédemment et au milieu de l'ascension je revois Jérôme qui est dans la descente à peu près dans le même état que moi. Nous échangeons 2/3 mots et repartons dans nos galères respectives. J'arrive enfin au point culminant de ce parcours où là je me rends compte de la vraie beauté de ce trail surtout que le temps s'est dégagé. D'un coté, une vue impressionnante et superbe sur la vallée et de l'autre une image enneigée des sommets ariègeois.
J'effectue la descente du château avec prudence car je ne suis pas bien mieux mais j'ai retrouvé un peu d'envie.

Après le Château de Montségur !

Je repasse devant les deux bénévoles que je remercie puis me lance dans la descente technique.
Je cours, les jambes sont bonnes mais je n'ai toujours pas de jus donc la vitesse est faible.
Cela fait plus de 3h que je suis en galère et la vue du ravito de Montferrier fût un grand plaisir, je suis au km 47 et 5h22' de courses.

Mon arrivée à Montferrier !

Et là, SURPRISE !!!
A proximité de la tente du ravito, je vois ma femme, mes deux garçons et Cécile qui ont décidés de venir plus tôt au vu de mon suivi internet déclinant et inquiétant. Nous échangeons quelques mots, je raconte un peu ce moment difficile et Emilie ma femme trouve les bons mots pour me rebooster.
Ce fût le déclic, la spirale négative était rompue et je vais me ravitailler. Je bois beaucoup de coca et j'arrive enfin à manger un peu. Sous la tentes plusieurs coureurs sont là depuis un moment et je retrouve Jérôme qui n'est pas au mieux. Nous discutons un moment puis décidons de faire un bout de chemin ensemble.
Le moral pour moi est revenu, les sensations sont meilleures et vu que musculairement c'était pas mal, je repars sur un bon rythme et lâche Jérôme qui abandonnera lui au ravito suivant. Je me surprend même à courir sur les portions roulantes et je prends plaisir. Je profite enfin du paysage et je sais à ce moment là que je finirai. La montée vers Roquefixade est magnifique et se passe bien ( c'est pas dur vu les sensations précédentes).

Montée à Roquefixade !

J'arrive maintenant à Roquefort les Cascades après une descente boueuse et délicate que j'ai bien négocié, Km 61 et 7h20' de course.

Ravito de Roquefort les Cascades !

La famille est là et nous nous donnons rendez-vous à Lavelanet pour l'arrivée. Arrêt au ravito avec coup d'oeil sur le parcours et le profil restant. Le plus dur est fait mais il y a la fameuse montée de Raissac à 5 km de l'arrivée.
Je cours encore sur les portions plates et je me lance dans ce mur de Raissac. Effectivement, ce n'est pas une légende cette montée , c'est dur, très dur et les premières crampes apparaissent.
Au bout de 20 minutes, je suis enfin en haut, fini le dénivelé positif et j'attaque la portion sur les crêtes au dessus de Lavelanet qui paraît interminable.
J'y suis, c'est la descente raide avant l'arrivée, j'entend les encouragements de Steph, Ludo, Seb, Cécile et ma famille. Les frissons, les émotions sont là et je fini les derniers mètres avec mon grand garçon que j'arrivais à peine à suivre ;) .

Arrivée avec Jean, mon fils ..

Bilan :
- Déception et grosse désillusion, reste maintenant à analyser ??
- Le point positif est que j'était bien préparé musculairement.
- Fierté d'avoir tout de même terminé et d'avoir pu refaire surface après le long passage à vide. Ce qui est important pour le mental.
- Il ne me reste plus qu'à digérer et passer à la prochaine étape qui sera la préparation pour l'Ultra Mitic en Andorre.

Maintenant, place à la récup ...



4 commentaires:

  1. Un ENORME BRAVO Bruno ! ! !

    Tu n'as peut être pas atteint l'objectif que tu t'étais fixé, mais au vue de ton parcours, ton courage mérite le respect (le mien en tou cas.. ;-)) je suis admiratif de la machine que tu es ! lol
    et en plus de toutes les heures de prépa que tu t'infliges, le soutient de ta famille et tes proches te permettent de surmonter bien des choses ! ! alors pour tout ca BRAVO !

    La Biz à toi à Emilie, à tes fils, à tte ta famille et à tes amis !

    à bientôt Champion ! ;-)

    séb

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  2. Salut Bruno tout d'abord félicitions pour avoir fini les Citadelles même si tu es loin de tes ambitions.Je pense que c'est important de ne pas abandonner une course sauf sur blessure bien, sûr c'est important pour le moral et ça te servira pour Andorre car c'est un gros morceau qui nous attend.Ca aurait était avec plaisir de venir avec toi le 9/10juin mais malheureusement je ne suis pas dispo à ces dates là.Je n'ai pas prévu de course de prépa pour Andorre tiens moi au jus si tu comptes faire d'autre course de prépa.Quand à moi je vais faire celle du LAKA au pays Basque 21km 1200m+ pour reprendre confiance en moi avant d'attaquer la prépa pour Andorre qui je pense va durer entre 8 et 10 semaines avec dénivelé Si ça te dis on pourrai se contacter pour faire quelque séance ensemble notamment à la burthe où à la Rhune où dans les Pyrénées pourquoi pas.
    A plus mon tel 06 09 70 39 97 ou

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  3. Salut jérome,
    bonne reprise et bonne course dimanche.
    Au niveau de la prépa d'Andorre, ce sera avec grand plaisir de faire quelques sorties ensemble en Montagne.
    On se tient au jus...
    A plus

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